Surveillé par la résistance, le camp de Foucherans et le terrain d’aviation de Tavaux sont signalés comme objectifs de bombardements par le 2ème Bureau en août 1944. Les Allemands s’enfuient du camp au début du mois de septembre.
Aux origines du camp : le terrain d’aviation de Tavaux L’aérodrome militaire de campagne de Gevry-Tavaux La première Guerre mondiale a montré le rôle que pouvait jouer l’aviation à condition de mettre sur pied une organisation efficace. C’est ainsi que dans les années 30, commence en Allemagne la préparation à la guerre. Dès 1936, les usines d’armement allemandes fabriquent des avions et les appareils qui sortent en série sont des Dornier 17, des Messerschmitt 109 ou des Stukas. En France, l’aviation militaire entame aussi une refonte de son organisation et recherche des terrains susceptibles de devenir des aérodromes militaires de campagne. En 1936, dans la région doloise, la reconnaissance s’effectue avec MM. Desgranges et Andrée Bouvier, qui seront respectivement président et membre de l’aéro-club.
Page suivante Retour SommaireMais prévoyants et pour ne pas avoir à reconstruire les installations logistiques et les casernements à chaque bombardement et aussi pour permettre un repos réparateur aux équipages et personnels de la chasse de nuit, les Allemands décident dès 1942 de déplacer l’hébergement, les équipements de transmission et le centre de contrôle aérien de Tavaux dans un lieu moins exposé : le bois de Chevanny à Foucherans. Ce relatif éloignement du terrain d’aviation relève de deux impératifs : d’une part, la nécessité de garantir le repos et la quiétude des personnels intervenants de nuit, dépendants d’une logistique spécifique différente de la chasse de jour ; d’autre part, mettre à l’écart des attaques alliées les coûteuses installations électroniques et infrastructures de radiocommunication et téléphonie du centre de contrôle aérien.
Finalement, une zone de 150 hectares est retenue entre les villages de Gevry et de Tavaux et deviendra l’aérodrome militaire de Gevry-Tavaux. En 1939, la guerre approche et sa préparation s’accélère avec de nombreux transferts d’escadrilles d’une base à une autre sur le territoire français. La défaite (1940) Le 10 mai 1940, la guerre s’est rapprochée, c’est le début de la bataille de France, tous les terrains d’aviation du nord-est de la France sont bombardés et la région est dans le collimateur de la Luftwaffe. Dès le 15 juin 1940 au soir, les unités françaises de Tavaux reçoivent l’ordre de se replier pour des régions moins exposées du midi de la France et les matériels qui ne peuvent être évacués de Tavaux sont détruits sur place. Partie du sud-ouest de Langres le matin du dimanche 16 juin, la 2ème Panzer division progresse vers Dole dont les environs sont occupés dès l’après-midi par les colonnes allemandes. Leur arrivée est annoncée à l’avance par les avions de la Luftwaffe qui bombardent les lisières de Tavaux, Damparis et Dole, provoquant la panique parmi la population. Les colonnes blindées et motorisées occupent la ville le 17 juin au matin. Dole et ses communes de banlieue, dont Foucherans, sont dans l’isolement le plus complet. Le terrain d’aviation de Tavaux aux mains de l’armée allemande (1941) Le 16 juin 1940 vers 10 heures, un bombardement de la Luftwaffe paralyse le trafic ferroviaire à Tavaux sur la ligne de Dole à Lons le Saunier. Plusieurs bombes tombent aussi sur le village de Tavaux faisant 11 morts parmi les habitants. Le bombardement du village visait les deux dépôts d’essence qui se trouvaient, l’un aux Caboulots, l’autre derrière l’église. En fin d’après-midi une avant-garde motorisée de la Wehrmacht arrive aux abords de Tavaux qui tombe aux mains des Allemands. Mais le départ des troupes françaises ne signifie pas pour autant l’abandon des terrains acquis par l’Etat. Au contraire, le terrain d’aviation de campagne deviendra opérationnel à part entière avec la construction par les Allemands d’une piste en béton qui s’allongera au fur et à mesure des exigences des nouveaux appareils de la Luftwaffe. C’est au début de l’année 1941, que la Luftwaffe, consciente de l’énorme potentiel de l’aérodrome idéalement situé et de ses possibilités d’extension, investis le terrain d’aviation afin de réaliser un aérodrome militaire permanent pour les différentes missions aériennes de ses troupes. Ils commencent à développer l’aérodrome en étendant sa superficie sur les terrains des communes de Gevry et Choisey et en construisant de très nombreuses structures : abris d’avions en U et pistes bétonnées. Sur la piste de l’ancien aérodrome, les allemands enlèvent les grilles de métal posées à même le sol qui permettaient l’atterrissage puis commencent à construire à la place une vraie piste en dur. Ils ont l’excellente idée de la faire dans le sens des vents dominants. L’ouvrage comprend une piste bétonnée d’environ 1500 m de long sur 80 m de large et une voie de dégagement entoure la piste pour relier celle-ci aux lieux de stationnement des appareils : hangars, alvéoles à ciel ouvert, hangar technique, butte de tir. Une douzaine de hangars sont construits dans le village de Gevry. L’aviation allemande à Tavaux : la Luftwaffe (1941 à 1944) et la Nachtjagd L'activité aérienne allemande est importante entre 1941 et août 1944 car le terrain d'aviation de Tavaux à simultanément plusieurs fonctions. C'est d’abord une base-école pour l'apprentissage du pilotage sur planeur avec l’entraînement des pilotes et des troupes aéroportées. On voit sur le terrain et dans le ciel des Heinkel 117 jumelés tirant des planeurs de type DF 234 à 10 places, des Gigant Me 323, des Gotha à 20 places (des GO 242), des Heinkel 111 Zwilling pentamoteurs (2 Heinkel couplés avec 5 moteurs) tracteur de planeurs, des Junker 52 et des Siebel transport de troupe. C’est aussi un terrain de dégagement utilisé comme un « port » par toutes les escadrilles de la chasse de jour qui survolent le Jura et qui peuvent atterrir à tout moment. Sur la base se trouve également un atelier de réparation et de maintenance pour tous les appareils. Puis à partir de 1943 ce sera la base des appareils de la chasse de nuit : la Nachtjagd, appartenant à la « ligne Kammhuber ». L’objectif de la Nachtjagd est d’intercepter les vagues de bombardiers alliés se dirigeant de nuit sur les sites sensibles de l’est de la France, d’Allemagne ou d’Italie du nord (industries d’armement et dépôts de munitions). Différents types d’appareils seront utilisés pour effectuer ce travail : principalement des Dornier 17 mais aussi des Dornier 217, des Junker 88 et des Messerchmitt 109. Ces appareils seront équipés, en 1943, de radars de bord et munis d’antennes en bout de nez.
Les recherches menées sur l’histoire du camp militaire de Foucherans, depuis maintenant plus de trois ans, permettent à ce jour de définir trois périodes bien distinctes : 1- du printemps 1943 au mois de septembre 1944 , le camp construit par les Allemands (le camp de la Luftwaffe) dans le bois de Chevanny, est un centre de contrôle des opérations aériennes de la chasse de nuit allemande (II/NJG/4) pour l’Est de la France. Son travail consiste à intercepter tous les appareils alliés volants en direction de l’Allemagne, l’Italie du Nord ou la vallée du Rhône. La salle de contrôle située dans le bâtiment principal est le lieu où sont centralisées et analysées les informations provenant de diverses sources : stations radars (ex : Saint-Jean de Bœuf vers Dijon, Mont-Roland vers Dole), informations visuelles des pilotes, autres sources... C’est là aussi que sont prises les décisions de faire décoller les appareils de la chasse de nuit basés à Tavaux, Dijon ou d’ailleurs, pour l’interception des bombardiers alliés.
Le camp militaire de 1945 à nos jours... (par Jean-Marie CHEKHAB)
2- de septembre 1944 au mois d’avril 1945 , le camp est utilisé par le Génie de l’air américain (Engineer Air Force, ou EAF) qui doit remettre au plus vite en état le terrain de Tavaux endommagé par l’US Air Force et par les Allemands avant leur départ. Le camp sert d’hébergement, d’atelier de réparation des avions endommagés et d’entrepôt de matériel et de plaques métalliques pour les pistes. Les Américains construisent aussi un grand hangar métallique qui sera démonté après le conflit et donné à l’aéro-club de Tavaux où il s’y trouve toujours. 3- d’avril 1945 au mois de mars 1946 , le camp devient, après le départ des soldats américains, un Dépôt-école du Génie de l’Air (D.E.G.A). Appartenant au bataillon 71, il comprend un commandement, des services administratifs, une division d’instruction chargée de la formation militaire et technique du personnel destinés aux unités du Génie de l’Air., une section Atelier-entrepôt chargée de la réception, réparation et répartition du matériel technique ainsi qu’un garage. Au moment de sa plus forte activité, le camp compte près de 300 hommes, divisés en 3 compagnies ayant chacune un travail bien défini pour permettre et soutenir l’avance alliée vers le nord et l’Allemagne Nazie : - entretien des pistes de Tavaux et Dijon, - pose de plaques métalliques,déneigement, - transport de matériel et de gravier, - construction de nouveaux baraquements dans le camp, … Le Dépôt-école du Génie de l’Air de Foucherans est dissous à la date du 1er mars 1946. Au total, le Génie de l’Air (Américain et Français) stationné à Foucherans dans l’ancien camp de la Luftwaffe a joué un rôle de soutien important aux appareils alliés (P-47, B26, B25, …), basés à Tavaux et à Dijon. Grâce à de puissants moyens de terrassement et de transport de matériaux, les pistes sont ouvertes rapidement aux avions d’attaque au sol et aux bombardiers qui peuvent effectuer des missions dans les Vosges, en Alsace et en Allemagne jusqu’à la victoire finale.
TexteDes visites du camp peuvent être organisées : Renseignements : JM CHEKHAB (03.84.82.38.77)
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Dernière mise à jour 20/11//2017